Je suis toujours vivante. J'ai failli me faire dévorer toute crue par un immense, gigantesque tas de livres - au demeurant très très ennuyeux- mais finalement, je suis toujours en vie.
J'ai tout simplement déclaré forfait. J'ai comméncé samedi soir la confrontation avec le campus internet de la fac. Moui. Bon, y'a plein de choses, mais tout ne doit pas me concerner ... Ben si ..
Horreur ! Les cours, si je les imprime, font chacun une centaines de pages ... Il y en a une dizaine au premier semestre (qui se termine mi-janvier et un peu pour le second semestre).Je dois les
avoir lus, intégrés, digérés, compris pour début janvier, date à laquelle je dois rendre mes premiers devoirs. OK. 1° sujet, au hasard, du cours "Mise en abyme de la création littéraire" : Le rôle
et l'évolution du caractère de la femme dans les oeuvres de Rilke. C'te bonne blague ! Ah non, ce n'est pas une blague ? Et je dois lire 3 oeuvres de Rilke et quelques autres bouquins ? Ah quand
même ! Et je ne vous parle même pas du cours sur Proust ...Quant au sujet de devoir : un commentaire composé sur un extrait de 2 pages A4 ... Mais bien sûr ! Et la marmotte ...
Je suis une littéraire, OK - par opposition à matheuse, j'ai fait un Bac L pour faire simple. J'aime lire, oui, c'est même une passion dévorante, mais là, franchement, Proust, Rilke, Racine ... Ce
ne sont pas du tout des auteurs qui me font triper ...
Alors bon, après 4 jours d'intense réflexion, de discussions avec mon Homme, mes parents (surtout mon papounet) et une nouvelle confrontation au site de la fac, j'ai passé un appel téléphonique,
j'ai eu une gentille responsable de formation au téléphone et je l'ai informée que j'allais de suite tout arrêter. Avant de finir par m'étouffer en ingurgitant des livres qui ne me plaisent pas,
des cours que je ne comprends pas ... Avant de passer mon temps comme une zombie face à des pages blanches parce que je ne comprends pas les problématiques des sujets de dissertation.
Je ne suis pas neu-neu, je sais ce que je me veux, c'est simplement que je n'ai pas le temps de travailler suffisamment pour imaginer réussir quoique ce soit de ce programme.
Je jette l'éponge maintenant, avant d'avoir gaspillé 700 euros pour rien ...
J'assouvirai ma soif de lecture autrement, avec des livres qui me donneront envie de les finir rapidement parce que je veux connaître la suite et qu'en même temps je trainerai à terminer parce que
je ne veux pas le refermer si tôt !
Il y a quelques temps, je n'aurai jamais eu le courage d'abandonner.
Je me serai dit "Oh la la, mais que va-t-on penser de moi ? On va dire que je suis nulle, que je manque de courage ... Tant pis, je le fais, je vais me planter à coup sûr, mais les autres ne
penseront pas de moi que je suis une peureuse ni une grande gueule".
Aujourd'hui, j'ai la force de m'avouer que c'est certainement plus facile de dire à ma famille, mes amis que je me rends compte que cette reprise d'études est trop difficile pour moi plutôt que de
leur mentir et de me mentir à moi-même.
J'ai le sentiment d'avoir fait un grand pas dans mon apprentissage de la confiance en moi.
Je suis capable d'assumer une mauvaise décision, un faux-pas ou une erreur sans craindre l'opinion des autres à mon encontre.
Et vous savez quoi ? La boule au ventre que j'avais, cette incessante petite phrase assassine dans ma tête "vas-tu réussir ?" cette petite boule de stress, pouf, disparues, envolées !
Je me sens bien, déçue certes, mais en accord avec moi-même. Pour une fois, j'ai pris une décision seule, que j'assume, je n'en ai pas honte, je ne culpabilise pas.
Et, ça, c'est un merveilleux sentiment !